Tourisme: Fès veut se positionner sur le marché espagnol

A peine revenus de Fitur, la foire internationale du tourisme qui s’est tenue la semaine dernière à Madrid, les professionnels du secteur se mettent en ordre de bataille à Fès. Objectif: positionner la cité Idrisside sur le marché ibérique.

«Nous préparons l’organisation d’une première semaine culturelle et gastronomique à Barcelone. L’appui de la compagnie aérienne Air Arabia, des institutionnels, du ministère de tutelle et de l’ONMT, serait d’un grand apport», indique Yassir Jawhar, président-délégué du CRT de Fès.

Pour marketer et commercialiser davantage la marque Fès, les opérateurs veulent mettre en relief l’artisanat local, la gastronomie fassie et le patrimoine historique. «Nous disposons d’un produit unique en son genre. La médina avec son rayonnement culturel et son patrimoine historique renouvelé, constitue un atout majeur», estime Aziz Lebbar, président du CRT.

Pour lui, «grâce au programme de restauration de 27 monuments et sites historiques de la Médina de Fès, de quelque 4.000 bâtisses menaçant ruine, ainsi que des tanneries, des ponts et des médersas édifiées par la dynastie des Mérinides entre les 13e et 14e siècles, l’ancienne cité renaît de ses cendres». Ainsi, les visiteurs de ces sites restent éblouis devant le savoir-faire architectural et artisanal.

«Il importe aussi de mettre en valeur, dans le cadre du plan promotionnel de la ville, la réhabilitation du patrimoine ancestral». Pour aller vite, une première opération promotionnelle est prévue en février. Elle vise principalement les représentants des médias nationaux et internationaux, notamment espagnols. «Le but est de les convier à remonter le temps».

Un voyage dans l’histoire qui permettra aux journalistes de mieux découvrir l’offre de la capitale spirituelle, «qui a un passé, un présent et aussi un futur florissant grâce au tourisme et l’appui royal pour la restauration de la mémoire collective», estime Lebbar.

Classée patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, la médina de Fès subjugue par la profusion de ses monuments, dont ses 9.000 maisons historiques, ses 11 medersas, ses 43 écoles coraniques, ses 83 mausolées et ses 176 mosquées, son université Al Quaraouiyine, outre ses 1.200 ateliers d’artisanat d’art et ses grandes tanneries traditionnelles. Et c’est justement ce patrimoine valorisé qui doit être mis en avant pour «vendre Fès».

Outre la culture, la promotion de la destination est axée sur la nature et le thermalisme. Dans sa nouvelle feuille de route, le CRT entend oeuvrer en parfaite coordination entre les différentes provinces de la région, l’ONMT, le CRT et la mairie. L’objectif est de mettre en valeur le produit touristique local, consolider les infrastructures d’accueil et l’élaboration d’un plan d’action à même de faire de la destination un pôle d’attraction aussi bien pour les visiteurs étrangers que pour le tourisme national.

Pour aller vite, les professionnels préparent des éductours, une communication permanente (presse spécialisée), ainsi que des semaines culturelles et gastronomiques. «Prioritaires pour la région, les marchés traditionnels (France, Espagne, Royaume Uni…) seront consolidés. Les destinations émergentes (USA, Brésil et Chine…) ne sont pas en reste», affirment les responsables du CRT.

Du même avis que le nouveau DG de l’ONMT, ces derniers croient dur comme fer en l’émergence du marché chinois. Pour eux, grâce à la prochaine ouverture de le ligne directe Maroc-Chine, la région devrait tirer son épingle du jeu et booster les arrivées.

«Une coordination des actions avec les CPT des autres provinces, les associations professionnelles, l’Office et le ministère du Tourisme, est nécessaire pour constituer une véritable force de frappe et toucher plus de marchés émetteurs avec des produits complémentaires», conclut Lebbar.