MATROUZ au Festival des Musiques Sacrées du Monde à Fès 2017

Le spectacle Mchouga-maboul de Simon Elbaz présent au Festival des Musiques Sacrées du Monde à Fès.

Dans un esprit de réjouissance, depuis vingt-deux ans, le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde contribue à entretenir le dialogue avec le sacré à travers son légendaire forum et la mise en exergue des arts et de la musique.

A la croisé du sacré et du profane, le Matrouz de Simon Elbaz est rythmé de jeux de langues, de musiques, de danse. Il entrecroise les langues (l’hébreu et l’arabe avec le français, le latin, le judéo-espagnol) et les musiques (orientale, judéo-maghrébine, arabo-andalouse, médiévale) pour un riche dialogue de cultures et de paix.

Mchouga-maboul (Théâtre-Conte-Halqa) de Simon Elbaz se jouera le mercredi 17 mai 2017, à 18h30 lors de cette 23ème édition.

L’action se passe au Maroc autour d’un personnage typique Mchouga, le fou du Mellah, fou du Maghreb adopté par les trois communautés juive, musulmane, chrétienne et témoin de leur éclatement dans les années cinquante, sous le Protectorat Français. Le spectacle est rythmé de jeux de langues, de musiques, de danses… transportant le spectateur dans les dédales de la mémoire, à la découverte de Mchouga, personnage à facettes multiples, légendaire mendiant-bouffon qui rit jusqu’aux larmes, qui pleure jusqu’au rire.

« …C’était un drôle de type, dernier couché, premier levé ! Avant d’installer sa halqa, son théâtre en rond, sur la place du village, quand ça le prenait, il passait par la mosquée, puis par la synagogue. L’église ? c’était trop loin pour lui ! Et il se mettait à chanter, à psalmodier en arabe, en hébreu et même en français ! Était-il Musulman ? Juif ? Chrétien ?

Au village, pour les Juifs, c’était Moussi, pour les Arabes et les Berbères, c’était Moussa. Sacré Moussi-Moussa, couci-couça et vice-versa ! Les Européens l’appelaient Maboul. Mais pour tout le monde c’était Mchouga !… »

Cette soirée de tradition orale se poursuivra avec un récital de chant a cappela Matrouz. Simon Elbaz aime à renouer avec ce patrimoine judéo-arabe rattaché au creuset culturel hébraïque, musulman et chrétien dans l’esprit de l’âge d’or de l’Al Andalus.

Puis, toujours dans le cadre du Festival des Musiques Sacrées du Monde à Fès, le vendredi 19 mai 2017 à 18h, en partenariat avec l’Institut Français de Fès, projection de Le Matrouz de Simon Elbaz, un film de Annie Brunschwig et Simon Elbaz.

Voyage à travers chants, musiques, langues, dialectes d’un village du Maroc à Paris. Nourri de son patrimoine, Simon Elbaz s’en est inspiré dans un premier temps, renouant instinctivement avec le Matrouz. Le Matrouz signifie « ce qui est brodé » en langue arabe. De tradition orale, ce patrimoine judéo-maghrébin né dans le creuset pluriculturel de la prolifique Andalousie médiévale se chante en arabe et en hébreu.

Progressivement, Simon Elbaz l’a renouvelé en l’ouvrant à différentes langues, musiques, disciplines, aboutissant ainsi au concept actuel : « Matrouz, Création Artistique de Langues et Musiques Entrecroisées ».