La médina de Fès fait peau neuve pour un coût de 615 MDH

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Le programme de restauration concerne en tout 27 monuments et sites historiques de la médina de Fès, près de 4.000 bâtisses menaçant ruine, dont 1.729 du 1er degré.

Lancés en 2013, les travaux de réhabilitation de la médina de Fès sont à un stade très avancé, gagnant presque une année sur le planning initial. Sur les 27 monuments et sites historiques programmés, 26 sont déjà réhabilités.

Il faut dire que la cadence a connu un coup d’accélérateur début 2015, après un long moment de torpeur, qui a duré entre la date de lancement des travaux en 2013 et fin 2014.

Le sujet avait à l’époque fait couler beaucoup d’encre, des journaux avaient même parlé de colère royale, certains de problèmes administratifs et juridiques… Toujours est-il que dès le premier trimestre 2015, le rythme des travaux a repris et les divers intervenants ont fait preuve d’implication.

Les départements de l’Habitat, les Habous, l’Intérieur, la Culture, l’Artisanat, les Finances, la commune et la wilaya de Fès sont des partenaires de ce projet, dont le maitre d’ouvrage est l’Ader (Agence pour le développement et la réhabilitation de Fès).

26 monuments et sites historiques sont déjà rénovés depuis janvier 2016, pour un montant de 285,50MDH. Il s’agit de :

  • La bibliothèque Qaraouiyine.
  • le mausolée Sidi Hrazem, datant du 12e siècle.
  • 5 Medersas dont certaines édifiées au 13e siècle.
  • Les ponts Khrachfiyine à l’entrée et le Terrafine, datant respectevivement du 10e et 11e siècles.
  • Les murailles Bab Makina et Jnan Drader.
  • Les emblématiques tanneries Ain Azliten, Sidi Moussa (remontant à l’époque idrisside, au 9e siècle) et Dar Dbagh Chouara.
  • Le souk de teinturiers : la naissance de Souk Sebbaghine remonterait à l’époque Zénéte (10e siècle), Il a été reconstruit par le Sultan mérinide Abou Said Othmane en 1325, à la suite de son inondation.
  • Les demeures Dar Dmana et Dar Lazrak, fondées respectivement au 14e et 15e siècles.
  • L’ex-agence Bank AL Maghrib, datant du 20e siècle.
  • Le hammam Ben Abbad, datant du 14e siècle.
  • Borj Neffara, appelé aussi Dar Al Mouakkit, élevé sous le règne du Sultan mérinide Abou Inan pour contrôler la carte astronomique du ciel, pour des raisons liées au calcul du temps.
  • Des fondouks.

Même si ces 26 projets sont totalement rénovés, certains ne sont pas encore ouverts au public, en attendant leur inauguration par le Roi. Il s’agit par exemple de la bibliothèque Qaraouiyine et de certaines medersas.

“Les tanneurs, quant à eux, ont pu rejoindre les tanneries Ain Azliten, Sidi Moussa et Dar Dbagh Chouara et reprendre leurs activités. Plusieurs artisans et commerçants ont également pu récupérer leurs magasins réhabilités, situés notamment au niveau de souk Sebbaghine et Kettanine», souligne une source autorisée à l’Ader.

La partie menaçant ruine a quant-à elle mobilisé un budget de 330 MDH, portant sur quelque 4.000 bâtisses, dont 1729 du 1er degré.

«Les ruelles de la médina sont également rénovées de Bab Boujloud, Tal’a Seghira, à Saffah en passant par Attarine, Diouane, Chemma’ine, Sbtriyine, Bab Sansla, khrachfiyine, Annakhaline, Al haddadine, Bab Allamti», explique la même source.

«Le long de ce circuit fortement fréquenté par les visiteurs et les touristes, plus que 254 auvents traditionnels ont été posés au niveau des commerces, plus de 80 portes en fer remplacées par des portes en bois de cèdre et quelque 155 portes ont été rénovées pour mettre en valeur la noblesse du bois et des matériaux utilisés», ajoute notre source.

Kissariat Alkifah datant de l’époque idrisside et rénovée au début du 20e siècle, est, pour sa part, reprogrammée en 2016, après un récent accord avec les commerçants. Elle bouclera ainsi la liste des 27 monuments et sites programmés.


Source MEDIAS 24