La capitale spirituelle retrouve son lustre

Classée patrimoine mondiale par l’Unesco, la cité antique se refait une peau neuve. 583 MDH sont consacrés au programme complémentaire de sa réhabilitation.

« Fès immobile et immortelle », disait Tahar Benjelloun qui voulait sûrement conserver l’image vivante de cette ville intemporelle, avec poésie et simplicité, on est tenté de dire, en paraphrasant l’écrivain, Fès dynamique et intemporelle. En effet, la capitale historique, spirituelle et culturelle du Royaume, classée au Patrimoine Universel de l’Humanité depuis 1981, renait de ses cendres grâce au programme de restauration et de réhabilitation de sa Médina initié par le Souverain. Un chantier colossal matérialisé par la restauration de 27 monuments et sites historiques de la Médina, près de 4000 bâtisses, des tanneries, des Médersas, afin d’embellir le cadre bâti, préserver le caractère matériel et immatériel de la cité impériale, mettre en valeur la noblesse des matériaux, rendre la ville plus attrayante et redynamiser son activité économique.

Avec les crédits alloués au nouveau programme complémentaire (583 MDH), dont les travaux devaient être achevés d’ici 2023, la médina devait retrouver son lustre d’antan, présenter un visage plus attrayant, permettre à ses occupants de vivre dans un milieu décent et accueillant et surtout impulser une nouveau souffle économique au tissu ancien.Avec ses monuments historiques et ses sites culturels classés patrimoine mondiale par l’Unesco, ses festivals de renommée internationale, le sa-voirs- faire de ses maâlems artisans reconnus mondialement, l’offre culturelle et patrimoniale de la capitale spirituelle du Maroc représente l’un de ses principaux atouts pour un développement socio-économique harmonieux.

A noter que le programme complémentaire s’articule autour de six axes majeurs :

Le premier axe concerne la réhabilitation de 11 monuments historiques et lieux emblématiques. On cite la restauration de l’horloge hydraulique, d’une symbolique inoxydable dans l’histoire de Fès et dans la mémoire collective de ses habitants, le répartiteur d’eau de Boujloud, ouvrage hydraulique témoignant d’un savoir-faire matériel et immatériel historique dans la répartition hydrique dans la médina, et des norias.

Le deuxième axe concerne la réhabilitation des lieux de culte : cinq mosquées et cinq écoles coraniques sont programmées.

Le troisième axe d’intervention vise la réhabilitation de 39 sites (fondouks, draz et espaces de commerce traditionnel).

Le quatrième axe « bien-être » concerne 37 sites, dont 30 fontaines.Le cinquième axe vise restauration du bâti possédant certaines caractéristiques et l’amélioration du paysage urbain.

Le dernier axe est destiné à la réhabilitation du site historique de « Dar Al Makina ».

Force est de constater que le citoyen est au coeur ce programme de réhabilitation. La Médina devrait retrouver son rôle primordial d’espace de vie, de rencontres, de commerces et d’échanges. La réhabilitation du cadre bâti est appelée à insuffler une dynamique nouvelle pour valoriser davantage un savoir-faire millénaire des maâlems artisans, créer de la richesse et offrir aux populations un cadre de vie décent et agréable.

L'Opinion