Journée internationale des monuments et des sites : Fès veut redonner vie à son patrimoine

La célébration de la journée internationale des monuments et des sites trouve tout son sens à Fès. Ce 18 avril sera, encore cette année, une belle opportunité pour mettre en lumière ce riche gisement patrimonial que représente la cité Idrisside, mais aussi lui redonner vie.

Ville impériale par excellence, classée patrimoine mondial de l’humanité par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Fès impressionne toujours par la diversité et l’authenticité de ses lieux emblématiques et autres sites historiques aussi captivants les uns que les autres.

Riche de ses 9.000 maisons historiques, ses 11 medersas, ses 43 écoles coraniques, ses 83 mausolées et zaouïas, ses 176 mosquées, dont l’université Al Quaraouiyine, ses 1.200 ateliers d’artisanat d’art, ses grandes tanneries traditionnelles, ses Borjs et ses Murailles, la cité constitue bel et bien un modèle vivant de la ville méditerranéenne et arabo-musulmane.

La célébration de la journée internationale des monuments et des sites, instituée le 18 avril 1982 sur proposition du Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) et approuvée ensuite par la Conférence Générale de l’UNESCO en 1983, permet à cet effet de s’arrêter sur la valeur de ces sites historiques, mais aussi de sensibiliser le grand public à la diversité du patrimoine mondial et aux efforts que requiert sa protection et sa conservation.

Car, la particularité de ce patrimoine réside dans sa ‘’sensibilité et fragilité’’. D’où sa protection, sa réhabilitation et sa sauvegarde relèvent d’un enjeu collectif. Les actions correspondantes relèvent ainsi d’une approche multidimensionnelle, s’étendant à des domaines aussi variés que l’urbanisme, les infrastructures, l’aménagement du territoire, l’histoire et la mémoire.

L’autre particularité de ce trésor vivant est son application universelle, en ce sens qu’il est l’héritage du passé qui sera transmis aux générations futures.

Et ce n’est pas fortuit que la thématique retenue pour l’édition 2018 de cette journée est ‘’le patrimoine pour les générations’’. Un choix qui sonne comme une mise en garde, dans la mesure où, pour l’UNESCO, le partage d’histoires et le transfert de connaissances entre générations est une ‘’étape essentielle au développement culturel, caractéristique de l’existence humaine depuis la nuit des temps’’.

A Fès, les acteurs de la sauvegarde du patrimoine semblent en être conscients. Ces dernières années, l’effort a été exceptionnel. Un programme de restauration de 27 monuments et sites historiques de la Médina de Fès, de près de 4.000 bâtisses menaçant ruine, ainsi que des tanneries, des ponts et des médersas édifiées par la dynastie des Mérinides entre les 13ème et 14ème siècles a ainsi été lancé avec des investissements de plus de 615 millions de dhs.

Il s’agit, selon l’Agence pour le développement et la réhabilitation de la ville de Fès (ADER-Fès), d’une opération destinée à insuffler une nouvelle dynamique socio-économique et culturelle dans un contexte chargé d’histoire et de patrimoine.

Pour l’Agence, qui est l’entité d’exécution du projet ‘’Artisanat et Médina de Fès’’, une composante du ‘’Compact Millenium Challenge Account-Maroc’’ (MCA-Maroc), signé le 31 août 2007 entre les gouvernements marocain et américain pour un montant de 697,5 millions de dollars, l’objectif est double : Assurer la pérennité des monuments, tout en faisant de ces sites des bassins créateurs d’emplois et de richesse et dont les revenus seront réinjectés dans les opérations de conservation du patrimoine culturel de la médina de Fès.

Récemment, cette nouvelle vision dynamique du patrimoine a été concrétisée par l’ouverture des célèbres foundouqs Chemmaïne-Sbitriyine, Barka et Staouniyine, situés au cœur de la médina de Fès, à des activités de l’artisanat en voie de disparition et à des services culturels et touristiques.

Restaurés et réhabilités, ces joyaux de l’architecture marocaine, qui datent des 13-ème et 14-ème siècles, viennent ainsi de retrouver une seconde vie, et avec eux un pan entier du patrimoine de la médina de Fès.

MAP