Festival de Fès de diplomatie culinaire: Les conseils «hot» de Henri Joyeux

Un festin avec beaucoup de saveurs et de savoirs. Le Festival de Fès de diplomatie culinaire a tenu ses promesses. Initiée sous le signe «Arts culinaires, santé et sagesses du monde: gastronomies et cultures du terroir du Maroc et d’ailleurs», sa 3e édition a tiré sa révérence, dimanche, avec un déjeuner champêtre pour «mille convives».

Organisé par l’agence d’ingénierie culturelle «Parchemins concepts», le Festival a revisité cette année la mémoire collective du patrimoine gastronomique, d’une histoire culturelle commune, des traditions hébraïque, amazighe et arabo-andalouse. Quatre jours durant (du 19 au 22 avril), la manifestation, initiée en partenariat avec L’Economiste et le groupe Eco-Médias, a invité les traditions hébraïques du Maroc, arabo-andalouses, berbères, tunisiennes et mexicaines, selon l’approche politique et diplomatique contemporaine ainsi que les dimensions culturelles essentielles. L’Economiste revient sur les principaux moments de cette fête de la diplomatie du goût.

La diplomatie française, mexicaine et tunisienne à table

Pari réussi pour cette édition qui a célébré la gastronomie ainsi que les valeurs de partage, tout en raffermissant le maillage de la ferme à la table. Comme quoi il est possible de lier le plaisir à la découverte de nouvelles saveurs, en voyageant à travers les continents. L’idée défendue par Faouzi, Oussama et Driss Skali a séduit Maria Andélica Arce Mora et François-Xavier Tilliette, respectivement l’ambassadeur du Mexique à Rabat et le Consul général de France à Fès, présents à cet événement. Notons que les festivités ont réuni un panel de chefs ambassadeurs du Maroc, France, Mexique et Tunisie. Y figurent notamment Najat Kaanache, Olliel Tetedoie, Belaid Wafik, Haykel Ben Zaida, Mhadhbi Mohamed, et Rebolledo. Ces chefs étoilés ont mis les arts culinaires au cœur du dialogue et des échanges interculturels. Le but est de montrer que chaque culture et chaque nation s’exprime dans sa gastronomie, mais est aussi représentée par celle-ci. Notons que le festival de Fès a pour but de mettre en valeur la gastronomie marocaine pour pouvoir, comme elle le mérite, l’inscrire dans le patrimoine mondial de l’UNESCO, à l’image de ce qu’a fait le Mexique.

Henri Joyeux, à toutes faims utiles

Le festival de Fès s’est offert un beau cadeau pour sa 3e édition, en invitant le couple Henri et Christine Joyeux. Le professeur cancérologue, chirurgien, et auteur et grand spécialiste de la nutrition, et son épouse nutritionniste de renom ont livré leurs conseils alimentaires. Pour le premier, il faut consommer moins de produits laitiers de vache (ils contiennent trop de lactose, trop de calcium et trop de facteurs de croissance), moins de viandes rouges et charcuteries (ils contiennent trop d’acides gras saturés et de sel) à remplacer par poissons, fruits de mer et viandes blanches. Plus de fruits frais, de légumes, de légumineuses et de céréales issues d’une Agriculture Biologique de proximité. De son côté, Christine Bouguet-Joyeux conseille une cuisson à la vapeur douce, avec un cuit-vapeur. «C’est la meilleure pour les goûts et la santé, la plus courte et la plus saine de toutes les cuissons si elle est bien pratiquée. Elle ne dépasse pas 95°C, conserve les meilleurs nutriments et élimine les produits toxiques», explique-t-elle. Et d’ajouter: «tout ce qui est trop cuit (légumes et viandes) devient sucre et gluten en d’autres termes obésité et maladies».

Des œufs mollets pour des testicules et ovaires solides

«Ne pas trop cuire les œufs. Le jaune doit être mollet». L’un des conseils portés par Henri Joyeux est relatif au bon cholestérol. Ainsi, un jaune d’œuf mollet produit une énergie sexuelle. «Il est bien pour les testicules et les ovaires», indique le cancérologue montpelliérain. Du même avis, son épouse fait un autre conseil: «Huilez votre santé avec les trésors de l’olive…et mastiquez longuement tout ce que nous mettons dans notre palais des saveurs. Chaque bouchée doit être mastiquée au moins 20 fois, idéalement 35 fois. On stimule ainsi le goût et l’odorat». «N’oubliez pas que vous refaites les papilles de votre langue tous les 10 jours et votre odorat tous les trois mois. Les premiers signes de l’Alzheimer et du Parkinson, bien avant perte de mémoire et tremblements sont la diminution du goût et de l’odorat. Leur stimulation est donc nécessaire», conclut Henri Joyeux.

Un volet social et économique aussi

Pour ses initiateurs, le Festival de diplomatie culinaire a pour vocation d’avoir un impact économique direct. Et ce, en créant une plateforme commerciale entre les professionnels de la restauration, les producteurs du terroir, mais aussi les jeunes diplômés du secteur. Pour ce dernier aspect, les élèves de l’institut de technologie hôtelière et touristique de Fès (ITHTF), coachés par la directrice Karima El Aouni, ont préparé notamment des bouchées à partir de produits locaux. A l’issue d’un repas copieux, Abdelhadi El Mernissi, président de l’Association régionale des propriétaires des établissements touristiques (ARPET), a annoncé des prix de mérite, d’une valeur de 40.000DH, pour les plus brillants parmi les stagiaires de l’ITHTF. Aussi, ces derniers bénéficieront d’un stage dans des hôtels classés en Tunisie, financé par l’ARPET.

Malhoun, flamenco et musique andalouse au menu

Outre des prestations artistiques et soirées (dîners/débats) organisées pendant le Festival, l’Art gastronomique mais également la musique et les arts ainsi que la réflexion intellectuelle ont constitué des vecteurs privilégiés d’un échange interculturel. Ainsi, cette 3eédition s’est ouverte avec du Malhoun local.

Pour sa part, la 2esoirée (du vendredi) a invité au Flamenco de la troupe «Des femmes méditerranéennes» de Grenade (Espagne), grâce au partenariat avec l’Institut Cervantès. Et le spectacle du samedi a été animé par Tayeb Ouazzani Chahdi et la troupe andalouse du conservatoire de musique de Fès.