Fès: Un plan d’action 2020-2022 pour le tourisme

Après son report, il y a quelques semaines, la visite de Nadia Fettah Alaoui à Fès a eu lieu hier 27 novembre. La fraîchement nommée ministre du Tourisme et de l’Artisanat, du Transport aérien et de l’Economie sociale, s’est rendue au barrage Sidi Chahed à Moulay Yacoub, puis à l’ancienne médina de la cité idrisside, avant de rencontrer les professionnels au siège de la wilaya.

«Ce premier déplacement était l’occasion de «goûter aux multiples facettes du tourisme de cette destination» et prendre contact avec les principaux opérateurs du secteur en vue d’établir le plan d’action de la feuille de route (2020-2022) avec une nouvelle vision marketing», indique Saïd Zniber, wali de la région. Décryptage.

■ Une nouvelle clientèle à séduire
Tenue en présence de l’ensemble de l’état-major du ministère, cette rencontre sera suivie de réunions périodiques afin d’installer la marque Fès ainsi que le produit touristique «Maroc-Centre» comme destination de city break. Pour y parvenir, l’implication de l’ensemble des acteurs concernés pour explorer de nouvelles pistes de solutions est de mise. Séduire une nouvelle clientèle grâce au digital et répondre à ses attentes à travers des structures classées et un personnel qualifié ne sont pas en reste. «Nous disposons d’un produit unique qui comprend le patrimoine historique des médinas de Fès, Meknès, Taza et Sefrou, en plus des thermes de Moulay Yacoub et Sidi Harazem, sans oublier l’arrière-pays d’Ifrane, Taounate et El Hajeb», indique Aziz Lebbar, président du Conseil régional du tourisme (CRT de Fès). Pour lui, le tourisme est un vecteur qui pourrait relancer l’activité économique de la région «s’il reçoit un véritable appui». En attendant, le projet de loi de finances 2020 suscite une grande frustration concernant les dispositions fiscales relatives au secteur du tourisme. «La multiplication des taxes et impôts mettra à mal notre compétitivité», déplorent les professionnels.

■ Lever toutes les contraintes pour assurer le décollage
Pour sa part, Yassir Jawhar, président délégué du CRT de Fès, a noté que «la problématique du tourisme à Fès demeure inéluctablement liée à l’infrastructure d’accueil et à l’absence évidente d’une vision stratégique objective et spécifique à la ville». Certes, la question des financements des mesures d’accompagnement et du cadre incitatif demeure d’une importance capitale, néanmoins, la question du cadre d’accueil et de l’animation en symbiose avec les caractéristiques de la cité ancestrale est un levier incontournable de la relance effective de l’activité touristique. Le constat actuel relève une dynamique à effet positif, celle des riads en général dont les derniers chiffres relatent une nette amélioration par rapport aux années précédentes. «Le goulot d’étranglement est situé au niveau de l’hôtellerie, en majorité de l’ancienne génération, dont l’attractivité est de moins en moins séductrice à cause de l’absence de l’animation et la vétusté des produits touristiques», regrette Jawhar. «Il serait judicieux que les institutions de financement fassent un benchmark par rapport aux villes de grande attractivité du pays afin de situer les tenants et aboutissants de la léthargie du tourisme dans une ville où il doit être le fer de lance et l’activité économique par excellence», souligne-t-il, appelant à la levée de toutes les contraintes afin d’assurer le décollage escompté.

■ Une activité en plein essor
Depuis plusieurs années, le tourisme connaît une véritable évolution. Ainsi, le nombre des nuitées touristiques dans les établissements d’hébergement classés de Fès a atteint 1.096.721 nuitées (1,58 millions de nuitées dans la région), à fin 2018, soit une hausse de 16% en glissement année. Selon Abdellah Lamniai, directeur régional du tourisme par intérim, le nombre des arrivées dans les hôtels classés de la ville s’est amélioré, lui, de 17%, en s’établissant à 587.418 en 2018. Cette hausse s’explique par la progression des arrivées depuis les principaux marchés émetteurs (Chine, Italie, Etats-Unis, Espagne, Allemagne, France, Pays-Bas, pays arabes). La durée moyenne de séjour (DMS) reste, quant à elle, de 1,87 jour, soit presque la même durée qu’en 2017 (1,9 pour la période janvier-août 2019). S’agissant du taux d’occupation, il s’est établi à 38% en 2018 et 40% pour les huit premiers mois de 2019. Signalons que cette fréquentation ne prend pas en considération les arrivées dans les établissements non classés et les maisons prêtes à louer. A noter enfin que la capacité litière de la région est de 19.396 lits (dont la moitié est à Fès). Elle est en dessous du seuil minimal fixée par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) (30.000 lits).

Attijariwafa bank propose son appui

Le groupe Attijariwafa bank veut soutenir l’activité touristique. C’est ce qui ressort d’une réunion organisée le 21 novembre à Fès. Première étape des «rencontres de l’entreprise», celle-ci était l’occasion pour la banque de présenter ses offres, notamment celle relative au programme «Rénovotel», à un taux de crédit de 5%. «Le secteur bancaire doit encourager et accompagner les opérateurs», estiment les dirigeants d’AWB. Ces derniers ont entamé une tournée chez les principaux acteurs «pour les conseiller d’abord, leur prêter de l’argent ensuite… à des taux avantageux». «Nous avons des objectifs précis et des délais prédéfinis. Nous accompagnerons les professionnels pour se doter d’infrastructures de distractions, un centre de conférence, ainsi que des projets d’animations culturelles et artistiques», promettent-ils.

 

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