24ème Festival des musiques sacrées du monde : Izza Genini ressuscite des proverbes marocains au forum de Fès

Le forum de Fès, qui fait partie intégrante du festival des musiques sacrées du monde, abonde à son tour dans le sens de la thématique principale de la 24ème édition de cette manifestation.

Cette année, le festival célèbre les «Savoirs ancestraux» en mettant la lumière sur l’artisanat de la capitale spirituelle du Royaume. Aux côtés de cet art artisanal à préserver comme l’indiquent les intervenants à ce forum, d’autres savoirs sont bel et bien ancestraux et méritent d’être sauvegardés. C’est le cas des proverbes marocains. Ces dictons ont été ressuscités, dimanche lors du deuxième jour du forum, par la productrice et réalisatrice franco-marocaine, Izza Genini. Une intervention qu’elle fait pour la première fois et intitulée «Comme ma mère disait…». En fait, la génitrice d’Izza Genini semble lui avoir transmis cet art du proverbe, voire de la parole. Lors de sa communication, l’intervenante a mis l’accent sur la singularité de ces dictons marocains ayant un caractère poétique puisque ceux-ci regorgent de rimes et sont proférés lors de situations particulières. Des proverbes que le public présent au forum tantôt se remémore, tantôt découvre pour la première fois. A leur tour, les étrangers présents à l’événement ont trouvé leur compte puisque l’intervenante a assuré la traduction de ces proverbes et en a détaillé le sens en français. Certains les ont même fait rire.

Quant à Mme Genini, elle a un sentiment à l’égard des dictons qu’elle a appris de sa mère. «Je crois à la plupart des proverbes que j’ai entendus», précise-t-elle en marge de son intervention. Par l’occasion, elle conduit l’exemple du proverbe «El ati allah w men ghirou keddab». Pour elle, il n’est pas facile à assumer, des fois, ces paroles. «Quand on veut attendre quelque chose de quelqu’un, c’est dur à avaler lorsqu’on ne l’a pas et nous réalisons ce proverbe, cela apporte énormément de sagesse», estime-t-elle. A propos de l’intitulé de son intervention, elle précise que c’est un hommage à sa mère. «Je pratique la plupart des proverbes dans ma vie. Ceux qui ne font pas partie de mon quotidien, j’ai du mal à les placer, voire les comprendre», enchaîne-t-elle. Dans ce sens, elle rappelle le dicton «Bin el berrad w elkass makayen bass» qu’elle vient d’apprendre et dont elle n’a pas encore assimilé le sens. «Les proverbes n’ont vraiment de charme qu’in situ», ajoute-t-elle.

Pour rappel, Mme Genini compte également à son actif des documentaires qu’elle a réalisés et qui comprennent des proverbes. C’est le cas du film «Oulad Moumen» dans lequel elle cite le proverbe «Ezzeraâ idour hetta yaâya wytih f ayn errha». «Il est à sa place», poursuit-elle.

à propos de l’éventualité de publication de ces proverbes, elle indique : «Il peut y avoir un audio ou un CD ou encore un livre accompagné de CD».

Concernant ses projets de films, elle précise être constamment occupée. «Ma mère m’appelait «el bertal» (l’oiseau)», se remémore-t-elle en guise d’anecdote. Quand même, elle s’exprime sur ses projets. «Jeudi, je pars à Bologne où je suis invitée au festival Cinéma Ritrovato. Lors de cette manifestation, le film «El hal» que j’ai produit en France en 1981 a été restauré par Martin Scorcese. Le directeur de la cinémathèque de Bologne m’avait d’ailleurs contactée à ce propos», détaille-t-elle. Mme Genini se souvient également du festival qui a récemment été dédié à ses productions à Casablanca. L’ensemble faisant sa fierté.